Crabalocker fishwife, pornographic priestess
par theghostchild
À propos de...
Description :
When I cannot sing my heart, I can only speak my mind.
Ville :
Non spécifié
Date de naissance :
04/04/1982
Site internet :
www.myspace.com/archibaldcorgan
Calendrier
| < Juillet 2008 |
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Les sentiments sont un secret à garder, dixit Electric Soft Parade. Mais aujourd'hui, c'est un secret qu'il me faut révéler.
En octobre 2002 est sorti dans un anonymat quasi total, l'un des plus beaux disques de la décennie. Une bonne presse ici où là et c'est tout.
Né dix ans trop tard, JJ72, puisqu'il s'agit d'eux, a pris le monde à contre-pieds.
Erigé en héros par le NME avant le seïsme pré-Strokes, les irlandais promettaient dans un monde où les espoirs s'appelaient Coldplay, Travis et Starsailor.
Deux ans plus tard, le monde avait changé et c'est garage qu'il fallait sonner. Mais Mark Greaney avait une idée bien précise. Un monument de béton froid dans un jardin de délicats coquelicots.
Moins influencé par l'Europe de l'ouest dans son imagerie que le premier album, I to Sky offre un monde onirique, entre rêves et cauchemars.
"Nameless", dépouillée au maximum, est l'une des chansons les plus poignantes qui soit. "You are not an enemy" chante-t-il au toujours fuyant être aimé.
Là où Nirvana et Buckley transpiraient par tous les pores du premier disque, c'est clairement vers Smashing Pumpkins que les regards se tournent ici ("Sinking"). "I saw a prayer" et "Serpent Sky" résument l'ambiguité d'un disque fascinant de bout en bout, entre tendresse et rage, cette dernière étant l'une des chansons les plus violentes emotionnellement entendu depuis on ne sait quand.
Le sens mélodique de Greaney n'a pas disparu dans la production énorme: "Always & Forever" et "Half Three" sont là pour le prouver. Pratiquant une politique du less is more niveau ballades, JJ72 tape dans le mille à trois tentatives sur trois. "Nameless", "Brother Sleep" et "Oiche Mhaith" sont boulversantes de beauté, soulignées par des textes particulièrement touchants et poétiques.
S'il a surement tendance à jouer de sa voix de la même manière tout au long du disque, Greaney n'en fait pas moins montre de son elasticité.
Tous les titres pourraient être disséqués sur ce disque hautement recommandable, sorti 10 ans trop tard et aujourd'hui tombé dans l'oubli...
En 2006, JJ72 se séparait dans l'indifférence totale, victime de la politique douteuse de leur label et de leur refus de prendre le train en marche en 2001.
Finalement, pas de regrets, les titres entendus destinés au troisième disque montrent un freinage cosmique, un retour aux conventions du premier album à part sur l'affolant "Radio" (en écoute sur le myspace de Greaney, qui vient de former un nouveau groupe Concerto for Constantine).
JJ72 restera pour beaucoup les auteurs d'un disque, le premier, mais c'est clairement vers I To Sky (ce titre...) que se situe le génie.
Génie oublié.