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par kromagnon
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tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil

C'est devenu complètement chiant. Soyons réalistes: depuis les dernières frasques narcotico-médiatiques de Pete Doherty et Amy Winehouse - connues et reconnues à échelle mondiale - les journalistes semblent être devenus réticents à courir après le scoop, à dégoter la news qui pue. En tout cas on ne cherche plus à discréditer (ou au contraire à encenser, romantiser, mythifier) le parcours des rock stars. On n'en a plus rien à secouer du côté obscur et décadent de ces jeunes privilégiés bourrés de talent, déjà richissimes, qui de leur côté ont de plus en plus tendance à jouer les enfants sages. J'exagère, d'accord, mais on dirait qu'il n'y a plus de fêtards dans le rock! Seule la presse anglaise (la plus fourbe de toutes) semble encore disposée à lâcher le morceau, et encore... On sait pourtant que le rock est ENCORE et TOUJOURS peuplé de dépravés! N'en doutez pas une seconde!

Réveillons-nous, bordel! On nous cache tout, on nous dit (plus) rien! Les excès et la musique vont main dans la main depuis toujours, sauf qu'en 2009 on essaie de nous faire croire que non, finalement, les Arctic Monkeys et consorts ne sont pas de mauvais garçons, qu'ils sont consciencieux et impeccables, qu'ils ne pensent qu'à écrire de jolies chansons. Je sais pas vous, mais moi j'ai des doutes.

Et là je vous vois venir. Non, je ne cherche pas à faire l'apologie de la défonce et encore moins à encourager la presse-poubelle à se développer davantage. Mais il vaudrait mieux qu'elle fasse son boulot.

Souvenez-vous: début 94, Cobain se suicide. On savait tous qu'il se shootait, qu'il allait mal, et en fin de compte personne n'est tombé des nues... pareil pour Layne Stayley quelques années plus tard. Les exemples ne manquent pas et l'on peut facilement remonter jusqu'aux années 30, voire avant, pour les trouver. On savait à quoi s'en tenir. Qu'on ne vienne pas me dire que Hank Williams passait pour un saint, ou que les Rolling Stones des années 60 cherchaient seulement à se faire de la pub. Les médias tombaient sur l'info, et hop, sans tortiller du cul, ils la balançaient au grand public. "Mick Jagger caught in drug bust!", et en première page s'il vous plaît.

Aujourd'hui, on a l'impression que le petit monde du show-biz se contrôle, qu'il est plus raisonnable qu'avant. On se fout vraiment de notre gueule. Il y a une espèce de pacte de non-agression établi entre les stars et la presse, et un certain code de bonne conduite a été dressé. Tu fais pas de vagues, tu restes politiquement correct, et on te laisse tranquille mon chou.

L'autre jour, un des chanteurs de l'immonde boys-band (pléonasme?) Boyzone est mort à 33 ans, à Majorque, après une nuit de fête avec son petit ami et un jeune bulgare "invité pour la nuit". Retour de boîte à cinq heures du matin, galipettes, et game over. On s'en cogne, me direz-vous. Mais bon. L'histoire officielle, complètement bidon, tient en deux lignes: décès suite à un oedème pulmonaire et... pas de bol, quoi. Pourtant, sans être médium, on peut facilement deviner les vrais tenants et aboutissants d'une telle mort. Mon petit doigt me dit qu'il y avait de la coke et des poppers (entre autres?) dans cette petite fête. Pas besoin d'être Sherlock Holmes. Mais tout a été balayé sous le tapis, comme trop souvent ces dernières années. N'est pas Michael Jackson qui veut...

Pour en revenir à Doherty, les journaux ont décidé de ne plus en parler - même s'il y a fort à parier qu'il n'est pas devenu irréprochable. Un peu plus discret, sans doute, mais clean?... Rien n'est moins sûr. D'autre part, le bébé chamboulé ne se tape plus la Moss alors forcément, les gens en ont marre. Voilà le topo. Non seulement on s'emmerde mais en plus personne ne nous raconte rien. On nous parle du dernier speech de Bono dans l'école maternelle de son quartier, ou du nouveau boyfriend de Paris Hilton. Et pour ne rien arranger, les rockers et popstars d'aujourd'hui se tiennent à carreaux en public et protègent leur image à outrance. Et la punk attitude dans tout ça? Où sont passées les icônes légendaires, les célébrités "bigger than life" qui laissaient parler les gazettes et se foutaient du qu'en dira-t-on? Rendez-nous Jim Morrisson, les Sex Pistols, les Happy Mondays!!!




Evan Dando



Bien sûr, il y a des exceptions, mais elles sont hélas devenues très rares. Si l'on regarde un peu en arrière, on se rend compte que les années 90 étaient bien plus sauvages, imprévisibles, jalonnées de sorties de route fracassantes et (quand elles ne finissaient pas dans le deuil) carrément hilarantes. Avant ses interviews, Evan Dando des Lemonheads tendait aux journalistes une petite pancarte qui disait "je dois vous donner mes réponses par écrit parce que j'ai perdu ma voix en fumant du crack", et à peu près à la même époque Noel Gallagher recevait fièrement un Brit Award devant une nation entière en déclarant: "Prendre des drogues, pour moi, c'est comme prendre une tasse de thé le matin". Ce n'était ni très chic, ni très malin (c'était même lamentable, disons-le franchement) mais ça prouve qu'il existait encore une certaine spontanéité dans la démarche des artistes, et c'était quand même plus rigolo que ces têtes de cul de Kings Of Leon qui avouent du bout des lèvres avoir "bu du vin avant un concert".

Bref, beaucoup d'hypocrisie et trop de poseurs à la con. Tout fout le camp, c'est la crise et les temps sont durs. Pour faire fortune dans le show business, il faut la fermer ces jours-ci. Marketing oblige. Mais vous pouvez être sûrs que dans leurs petites tours d'ivoire nos musiciens préférés continuent, pour la plupart, à s'envoyer en l'air dès qu'ils le peuvent. Tant mieux pour eux, ou dommage pour eux, à vous de juger. En ce qui me concerne, je dirais juste que les dernières générations de groupes et singer-songwriters me paraissent super coincés. Mais alors grave. Dictature du média-marketing? Changement des moeurs? Rock embourgeoisé et manque d'authenticité? Qui sait... Peut-être faut-il le demander à un dinosaure comme Iggy Pop, un papi mille fois plus cool et décomplexé que les blanc-becs muets du nouveau millénaire.

à bon entendeur...


k.

par hilikkus le 27/10/2009 à 10:55
J'avais lu un article disant en gros que l'évolution de le musique moderne était étroitement lié à l'évolution de du rapport à la drogue.

En tout cas, première humeur intelligible bien que profondément réactionnaire ;)

Keep it up !


par kromagnon le 31/10/2009 à 03:57
Merci pour ton feedback! Ravi de constater qu'il y a une vie après le blog...
Je pense avoir lu un article similaire à celui dont tu parles mais là, à chaud, ça ne me revient pas. C'est une théorie facile à défendre mais qui semble toujours déranger (ou en tout cas, de plus en plus). Sinon, j'ai choisi de centrer les choses sur la drogue et le manque de franc-parler des stars mais d'une manière générale c'est le SCANDALE qui est devenu le grand absent du rock de ces dernières années. Voilà une idée bien réac', je suis entièrement d'accord, mais parfois ça fait du bien de laisser sortir le gros connard aigri qui sommeille en chacun de nous....


par Nidri le 27/11/2009 à 17:16
Bon article.... c'est vrai que la mode est aux gens polissés... il manque des aspérités, des accros qui fait au final qu'on les aime encore plus parce qu'on se dit qu'ils sont comme nous : parfois très con alors que maintenant ils vont tous au gala du truc muche pour lutter pour telle grande cause.... un monde de faux-cul je crois que c'est ça les années 2000

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