NON MAIS SANS BLOG!
par kromagnon
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Barcelone
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03/06/1976
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Non spécifié
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Le 09/12/2011 à 18:30
Salut à tous,
Résurrection de ce blog après deux années de silence: voici mes albums préférés de l'année. Cachez votre joie!
Musicalement le cru 2011 ne m'a pas semblé exceptionnel, j'aurais certainement eu plus de mal à dresser une liste en 2010. Cependant l'initiative vaut quand même le coup grâce à quelques disques qui sont d'autant plus sympathiques qu'aucun d'entre eux ne sera étiqueté de l'affreux tag "album d'une génération". Pour rappel les deux dernières années en "1", 1991 et 2001, avaient vu naître des albums-phénomènes ayant largement contribué à changer les tendances musicales de leurs époques respectives... Rien de tout cela cette année, pas de rupture, et ce n'est peut-être pas plus mal.
15. SMITH WESTERNS - DYE IT BLONDE

Ah ben ça tombe bien, on commence par le disque à propos duquel une bonne partie de la blogosphère indé d'outre-atlantique murmurait en tout début d'année qu'il allait devenir le Is This It d'une nouvelle génération. C'est raté et bien raté, les Smith Westerns n'ont pas eu l'Angleterre à leurs pieds, les faveurs des magazines, Kate Moss à tous leurs concerts et une horde d'imitateurs s'échinant à pondre leur "Weekend" tout en citant hypocritement T-Rex comme influence majeure. Reste un album prometteur, bourré de mélodies entêtantes et de riffs bien torchés, un petit classique qui ne demande qu'à être écouté plein pot, deux doigts sur le volant et le coude sur la portière, cheveux au vent (bon, peut-être pas en décembre). On peut se réjouir que le groupe n'ait pas explosé médiatiquement: si ça peut les encourager à développer encore plus leur potentiel la suite pourrait être très intéressante.
14. MEAT PUPPETS - LOLLIPOP

Les frères Kirkwood confirment leur forme ascendante avec ce très sympathique album mêlant leur traditionnel son grunge avec des accents tantôt folks (parfois à la limite du honkytonk de bled du Kansas), tantôt rock bouseux (on ne se refait pas). Seul bémol, le choix discutable de placer les atmosphériques "Incomplete" et "Orange" au tout début du disque plutôt que d'autres titres plus immédiats. Comme toujours ce n'est ni raffiné ni particulièrement bien produit - en trois décennies le groupe n'a jamais cherché à faire dans l'esthétique - mais comme l'indique le titre du disque c'est leur travail le plus accessible et le plus enjoué depuis bien longtemps, le genre de plaisir décomplexé qui s'invite régulièrement sur la platine comme un vieux pote se pointe chez vous avec un pack de bières bien fraiches pour un moment toujours aussi cool et peinard. On constate une fois de plus que ce sont les vilains petits canards de l'ère grunge, les moins beaux, les moins tatoués, les moins en colère, les moins glamour (Dinosaur Jr, Mudhoney...) qui s'en sortent le mieux aujourd'hui.
13. BALKANS - BALKANS

Ironie du sort, les Strokes (encore eux) qui ridiculisaient il y a dix ans une scène rock excessivement tournée vers la surenchère et la redondance semblent aujourd'hui incapables de sortir un album direct et sans fioritures. On ne discutera pas ici du pourquoi de leur comment existentiel, pas que ça à foutre, car après The Soft Pack l'an dernier la bonne cuvée "garage alternatif" de 2011 nous est offerte par Balkans (oui j'aime aussi les Black Lips, non je ne pense pas que leur album soit meilleur). On pense beaucoup à Casablancas et sa bande en entendant ce chant limité (un peu trop d'ailleurs) et ces guitares angulaires à la Television, mais une fois passé le stade obligatoire de la comparaison ce n'est que du bonheur tant les tubes s'enchainent avec une frénésie et un aplomb ébouriffants. Alors c'est clairement du déjà entendu (garage rock oblige), mais le groupe compense largement par sa technique, des riffs ravageurs et des rythmiques toujours variées qui rendent l'écoute de ce premier LP fort agréable. La question, c'est "reverra-t-on ces mecs un jour?"... pas sûr, mais ils laissent là un bon petit disque, bien produit mais pas trop, cohérent et enlevé, et c'est à peu près tout ce qu'on demande à ce genre de musique. Il y a d'ailleurs plus de panache dans les 2 minutes de "Zebra Print" que dans tout le Angles des Strokes (encore eux, mais là c'est la dernière fois).
12. BEADY EYE - DIFFERENT GEAR, STILL SPEEDING

Ah, nous y voilà. Petit résumé des arguments destinés à descendre cet album:
1. Je n'aime pas la musique d'Oasis, je déteste celle de Beady Eye.
2. Liam est un con.
3. Noel est meilleur.
4. C'est du vieux rock sans intérêt.
Vous comprendrez que devant ces critiques aussi futiles que paresseuses le fan de base peut continuer à profiter de la musique de Gallagher junior sans aucun complexe. Evitons donc le débat stérile sur l'importance d'innover dans la musique, et allons droit à l'essentiel: à défaut de trouver de soi-disants "inventeurs" on pourra toujours admirer le talent et la singularité d'un artiste et de ce point vue Liam peut compter sur une voix unique et une "rock n' roll attitude" exagérément premier degré qui fait partie intégrante de son charme (ou pas). Et puis au-delà de la personnalité écrasante du chanteur, Beady Eye c'est aussi Andy Bell et Gem Archer - excusez du peu - deux guitaristes exceptionnels, parmi les tout meilleurs de la scène rock actuelle. Aller à un concert vaut le coup rien que pour voir ces mecs jouer, et c'est quand même un peu suspect de la part de prétendus music lovers et autres gratteux en herbe de n'avoir pas au moins remarqué la qualité de leur travail sur Different Gear, Still Speeding, un premier disque de très bonne facture, plein de vitalité et riche en mélodies aériennes. Un vrai tour de force pour Liam qui ne dépassait pas le stade du moyen quand il écrivait pour Oasis. Ce n'est pas l'album parfait ni le grand classique annoncé, on peut regretter l'ajout de titres superflus qui plombent un peu l'ensemble, mais ça faisait longtemps qu'on n'entendait plus un album signé Gallagher aussi sobrement produit et décontracté du gland, l'album de Noel ne faisant que renforcer ce sentiment malgré trois ou quatre superbes chansons. Un plaisir simple donc, pour ceux qui attendent parfois autre chose du rock qu'une avalanche grotesque de décibels et de fuck yous ou un hypothétique message contestataire à l'instar de ces insupportables pseudo-punks vaguement gauchistes dont le public de petits révoltés à temps partiel se renouvelle en permanence, prêt à être exploité par le premier Rise Against venu. La France a hélas toujours eu un faible pour cet autre genre de rock populiste, le rock revendicatif à deux balles, ce qui en dit long sur l'hypocrisie ambiante à l'heure de juger un album à sa juste valeur musicale plutôt que par le sacro-saint prisme de la crédibilité, un terme qui ne veut absolument rien dire artistiquement parlant.
11. YUCK - YUCK

Un album que j'ai d'abord apprécié, puis snobbé, puis aimé à nouveau (un peu, beaucoup, passionnément). Une indécision initiale due au fait que ces anglais ont sorti un premier disque accrocheur et bien senti mais complètement noyé dans ses influences, à savoir le genre de rock alternatif sauce grunge qu'on trouve pêle-mêle chez des incontournables des années 90 tels que Weezer, Sebadoh, Pavement, Sonic Youth, Elliott Smith dans les moments plus intimes ("Suicide Policeman", "Suck"), un son délibérément crade à la Dinosaur Jr et une sensibilité de branleurs noisy proche du Teenage Fanclub des débuts - avec heureusement le même souci de garder un oeil (une oreille plutôt) sur la mélodie. Un disque qui aurait fait fureur en 93, pour le coup un peu suspect en 2011 mais en fin de compte assez bon et jouissif pour mériter sa place dans cette liste. On espère seulement que Yuck saura faire quelquechose de plus personnel à l'avenir.
10. FERGUS & GERONIMO - UNLEARN

Jay Reatard s'en roule un avec Syd Barrett au paradis. Ce duo énigmatique est là pour déconner mais n'oublie pas d'écrire avec talent et de mettre les blagues au service de la musique plutôt que l'inverse. "You can unlearn what you know" concluent-ils sur le doo-wop impeccable mais déjanté de "Unlearn" au bout d'une petite demi-heure de glandouille et de bidouillages aussi hilarants que mélodiques. "Girls With English Accents", "Wanna Know What I Would Do", "Powerful Lovin", "Michael Kelly", autant de perles garage-psyché et autres pieds de nez en tout genre qui font de ce disque le meilleur moment lo-fi de l'année et de loin. Ces petit gars s'amusent comme des gosses, nous aussi, pas la peine de disserter davantage. Heureusement qu'il reste des couillons pareils sur la scène indé.
9. FEIST - METALS

Mon coup de coeur surprise de l'année, n'étant pas fan de la demoiselle et ne connaissant que son premier album (Let It Die) et quelques-unes de ses multiples collaborations. A priori Metals a tout du disque bobo que l'on passe en fond sonore lors d'un dîner, histoire de mettre ses invités à l'aise, bref le genre de bouillie insipide qui n'atterrirait jamais chez Kromagnon en temps normal. Sauf que Feist a une personnalité et un univers musical d'une dimension supérieure à toutes les Lana Del Rey préfabriquées et jetées en pâture à la clientèle citée plus haut. Si la voix est belle, elle n'en reste pas moins dépourvue de versatilité et Feist semble tout à fait consciente de ce (relatif) handicap, le relief venant donc d'arrangements soit dépouillés, soit riches et inventifs (ces grosses percussions sorties tout droit d'une chanson de Tom Waits) et de paroles toujours soignées qui complémentent des mélodies de toute beauté. Bref, Feist maîtrise l'art de l'écriture aussi bien que celui de la mise en forme et c'est ce qui fait toute la différence. Pour un avis de spécialiste et une perspective sur sa discographie, voir la chronique de Nox.
8. THE TWILIGHT SINGERS - DYNAMITE STEPS

Avec les années Greg Dulli a pris les traits bouffis et les kilos en trop d'un Elvis grunge sur le retour, mais sa musique et sa voix rappellent en tout point le charisme et la flamboyance du playboy névrosé qui mariait brillamment punk et soul il y a presque 20 ans avec les Afghan Whigs. Là où plusieurs vétérans de cette époque se sont embourgeoisés ou compromis dans des projets sans âme, Dulli le gros patapouf continue à exorciser ses démons sur des disques toujours fascinants (Saturnalia des Gutter Twins, Powder Burns des TS, le dernier dEUS...) avec une abnégation, une classe et un savoir-faire qui mériteraient plus d'éloges, notamment en France où on a pour habitude de l'ignorer sans état d'âme (on ne s'étonnera pas que son célèbre pote et compagnon d'armes Mark Lanegan se fasse rare dans l'hexagone). Sans surprise, Dynamite Steps est une oeuvre sophistiquée, crépusculaire et tourmentée, un poil moins lourde et pesante que Saturnalia, une sombre affaire qui pourrait paraître démodée et trop porteuse d'un existentialisme outrancier à la NIN si elle n'était pas mise en valeur par une production somptueuse, un groupe au sommet de sa forme et un Dulli inspiré, versatile, capable d'évoquer aussi bien Isaac Hayes que les Stones entre autres influences éclectiques. L'un des albums rock les plus élégants et racés de l'année.
7. DUMBO GETS MAD - ELEPHANTS AT THE DOOR

L'album d'outsiders par excellence. Cet obscur duo italien a pondu l'OVNI de l'année avec ce premier disque inclassifiable conjuguant délires psychédéliques à la Zappa, Captain Beefheart et compagnie, production DIY très réussie, légèrement électro, et éléments pops plus organiques voire rétros. On ne cherchera pas un single imparable ici (mais pour ceux qui aiment il y en a une bonne poignée), les arrangements jouant à déstabiliser l'auditeur et enfouir un songwriting pourtant remarquable sous une masse d'effets en tous genres. Autant dire que ce n'est pas le disque le plus immédiat de l'année mais des écoutes répétées révèlent une qualité d'ensemble assez ahurissante. C'est le classique de pop barrée que les Flaming Lips cherchent à faire depuis 10 ans, téléchargeable gratuitement ici contre un simple coup de pouce sur Facebook ou Twitter (c'est le groupe qui offre).
6. STEPHEN MALKMUS & THE JICKS - MIRROR TRAFFIC

Le vénérable leader de Pavement continue une carrière solo sans faux pas avec un disque d'une classe indiscutable tandis que tous les hipsters américains ne parlent que des fades plagiaristes Real Estate. Allez comprendre... d'autant plus que l'illustre Beck signe son meilleur travail en tant que producteur sur Mirror Traffic, peut-être l'album le moins excentrique dans la disco de Malkmus, même si l'on retrouve à chaque instant la poésie farfelue et le style inimitable de son auteur. Idéal pour découvrir ce grand songwriter. Pour le reste, voir la chronique de TGC - oui, j'ai la flemme!
5. dEUS - KEEP YOU CLOSE

Fait assez rare pour être remarqué, la majorité des détracteurs ont bien voulu reconnaître la qualité intrinsèque de Keep You Close, les critiques évoquant plus souvent un groupe en petite forme qu'un ratage lamentable. Sur Visual nous avons eu droit à une chronique bien argumentée signée Palem, pas emballé du tout par ce disque que je trouve personnellement supérieur à beaucoup d'autres, pour moi le meilleur dans la discographie de dEUS depuis The Ideal Crash (ce qui n'est pas rien). En tout cas, c'est celui qui m'a le plus touché depuis ces jours lointains de 99 où j'écoutais Instant Street et Sister Dew en boucle. Hélas cet album a divisé, et la chronique de Palem en est le juste reflet. Preuve tangible qu'il y a de l'honnêteté et du bon sens sur ce site à l'heure de reconnaître le mérite des artistes et qu'une mauvaise critique éventuelle n'est pas toujours dénuée de fondement ou, au contraire, parole d'évangile. De même, un album des Foo Fighters n'est pas toujours intéressant pour tout le monde. Amen.
4. KURT VILE - SMOKE RING FOR MY HALO

Il paraît qu'il faut passer au moins une heure tout seul chaque jour pour être une personne équilibrée. Personnellement je dirais qu'il faut écouter au moins un grand album de loup solitaire par an pour obtenir le même résultat, et cette année c'est sans aucun doute Smoke Ring For My Halo (superbe titre) qui succède au très beau End Times de Eels, bien que pas du tout dans le même registre. Après un Childish Prodigy brillant mais rugueux Kurt Vile a clairement décidé de débrancher les guitares et épaissir encore un peu plus le brouillard qui entoure son rock désincarné et poussiéreux. Une musique des grands espaces qui évoque une traversée du désert ou une longue virée nocturne en bagnole - voire les deux en même temps - avec cette voix trainante et ce jeu de guitare à la Neil Young plus basé sur la "touch" que sur la virtuosité (même si Vile est loin d'être manchot), un peu comme un Lou Reed jeune et blasé reprenant à son compte les chutes de studio de Tonight's The Night. Bref, c'est un désert où il fait bon se perdre, impeccablement produit par le vieux gourou grunge John Agnello. On attendait les albums acoustiques de Jmascis et Thurston Moore avec impatience mais c'est celui de Kurt Vile qui remporte la mise.
3. THE BLACK KEYS - EL CAMINO

Le successeur du fantastique Brothers ne s'est pas fait attendre et on pouvait légitimement craindre un album trop tourné vers la redite ou une tentative foireuse de capitaliser sur le succès grandissant du groupe. D'emblée, El Camino balaie tous ces doutes tout en confirmant les ambitions commerciales du duo. Les Black Keys n'ont pas simplement refait un Attack & Release ou un Brothers, ils ont livré un nouveau classique dont les chansons plus immédiates et plus abrasives que jamais emmènent leur blues encore plus loin dans la démesure pop et les envolées rock jubilatoires. Ce disque ne fera pas taire les puristes accusant Dan Auerbach de trafiquer à outrance le son des Black Keys et de s'être à nouveau entiché du producteur branché Danger Mouse, mais ils seront bien les seuls à bouder devant une telle tuerie puisque désormais même ma mère se met à danser dans le salon dès le premier couplet de Lonely Boy. On est donc épaté par cet album à la fois grand public et classe, plus direct et plus court que son prédecesseur mais tout aussi éclectique. D'ailleurs j'en profite pour vous poser la question: quel a été le dernier groupe à passer du statut de promesse indé à celui de grande révélation avec autant de conviction et d'assurance? Les White Stripes?... Bref, la bombe pop-rock de l'année est arrivée: ouf il était temps.
2.WILCO - THE WHOLE LOVE

Inutile de parler trop longuement de cet album ici, encore une fois TGC a fait tout le boulot avec la maestria qu'on lui connaît. Wilco persévère dans la qualité avec une nonchalance déconcertante, rien ne sonne jamais forcé chez ce groupe et il faudra attendre leur déclin avant de réaliser pleinement ce qu'ils ont accompli ces dix dernières années. A en juger par l'excellent The Whole Love, un vol plané entre pop propulsive et folk stratosphérique, le temps des épitaphes élogieux et nostalgiques attendra.
1. GIRLS - FATHER, SON, HOLY GHOST

Que dire de ce magnifique album qui n'ait déjà été dit dans la chronique de TGC (je sais, c'est déjà la 3ème fois mais ça aurait pu être pire)?... Wilco et les Black Keys auraient tout aussi bien pu tenir ce rang de number one dans le top Kromagnon mais ce serait un peu ingrat voire malhonnête tant les 6 minutes et 24 secondes de "Vomit" et sa coda bouleversante s'imposent comme le moment musical définitif de cette année 2011. C'est l'instant crucial où Girls devance ses compagnons d'échappée dans le sprint final. Et puis, des disques du calibre de Father, Son, Holy Ghost font peut-être sourciller les gens qui trouvent tout cela bien trop sensible mais c'est une joie presque inespérée pour ceux qui ont toujours été fascinés par des chefs d'oeuvre ambigus comme le Transformer de Lou Reed, la personnalité caméléonique de Bowie, la sincérité désarmante de Jonathan Richman et toute cette catégorie d'outsiders héroïques et de visionnaires loufoques qui ont élevé la légende du rock. Peut-être que pour apprécier le groupe de Christopher Owens à sa juste valeur il faut avoir écouté et réécouté des dizaines de vieux classiques, être revenu inlassablement aux origines du glam, du punk, du garage etc... mais peut-être pas. Parce qu'en définitive ce Father, Son, Holy Ghost n'est rien d'autre qu'un putain de bon disque de rock, l'un des meilleurs de ces dernières années sans l'ombre d'un doute.
Avant de conclure je vais quand même décerner une mention d'honneur à quelques albums méritants qui auraient pu se glisser dans ce classement:
- Fountains Of Wayne: Sky Full Of Holes
- Nicolas Jaar: Space Is Only Noise
- Crystal Stilts: In Love With Oblivion
- Moon Duo: Mazes
- JMascis: Several Shades Of Why
- John Vanderslice: White Wilderness
- Noel Gallagher's High Flying Birds: s/t
- Wire: Red Barked Tree
- Ryan Adams: Ashes and Fire
- Vetiver: The Errant Charm
- Middle Brother: s/t
- Sr Chinarro: Presidente
Et pour finir voici une playlist Spotify qui résume à peu près mon année musicale (côté pop/rock).
Et vous alors, quel classement pour 2011? Des oublis honteux de ma part?
Bonne fin d'année, et bonnes fêtes!
Le 26/10/2009 à 06:29
C'est devenu complètement chiant. Soyons réalistes: depuis les dernières frasques narcotico-médiatiques de Pete Doherty et Amy Winehouse - connues et reconnues à échelle mondiale - les journalistes semblent être devenus réticents à courir après le scoop, à dégoter la news qui pue. En tout cas on ne cherche plus à discréditer (ou au contraire à encenser, romantiser, mythifier) le parcours des rock stars. On n'en a plus rien à secouer du côté obscur et décadent de ces jeunes privilégiés bourrés de talent, déjà richissimes, qui de leur côté ont de plus en plus tendance à jouer les enfants sages. J'exagère, d'accord, mais on dirait qu'il n'y a plus de fêtards dans le rock! Seule la presse anglaise (la plus fourbe de toutes) semble encore disposée à lâcher le morceau, et encore... On sait pourtant que le rock est ENCORE et TOUJOURS peuplé de dépravés! N'en doutez pas une seconde!
Réveillons-nous, bordel! On nous cache tout, on nous dit (plus) rien! Les excès et la musique vont main dans la main depuis toujours, sauf qu'en 2009 on essaie de nous faire croire que non, finalement, les Arctic Monkeys et consorts ne sont pas de mauvais garçons, qu'ils sont consciencieux et impeccables, qu'ils ne pensent qu'à écrire de jolies chansons. Je sais pas vous, mais moi j'ai des doutes.
Et là je vous vois venir. Non, je ne cherche pas à faire l'apologie de la défonce et encore moins à encourager la presse-poubelle à se développer davantage. Mais il vaudrait mieux qu'elle fasse son boulot.
Souvenez-vous: début 94, Cobain se suicide. On savait tous qu'il se shootait, qu'il allait mal, et en fin de compte personne n'est tombé des nues... pareil pour Layne Stayley quelques années plus tard. Les exemples ne manquent pas et l'on peut facilement remonter jusqu'aux années 30, voire avant, pour les trouver. On savait à quoi s'en tenir. Qu'on ne vienne pas me dire que Hank Williams passait pour un saint, ou que les Rolling Stones des années 60 cherchaient seulement à se faire de la pub. Les médias tombaient sur l'info, et hop, sans tortiller du cul, ils la balançaient au grand public. "Mick Jagger caught in drug bust!", et en première page s'il vous plaît.
Aujourd'hui, on a l'impression que le petit monde du show-biz se contrôle, qu'il est plus raisonnable qu'avant. On se fout vraiment de notre gueule. Il y a une espèce de pacte de non-agression établi entre les stars et la presse, et un certain code de bonne conduite a été dressé. Tu fais pas de vagues, tu restes politiquement correct, et on te laisse tranquille mon chou.
L'autre jour, un des chanteurs de l'immonde boys-band (pléonasme?) Boyzone est mort à 33 ans, à Majorque, après une nuit de fête avec son petit ami et un jeune bulgare "invité pour la nuit". Retour de boîte à cinq heures du matin, galipettes, et game over. On s'en cogne, me direz-vous. Mais bon. L'histoire officielle, complètement bidon, tient en deux lignes: décès suite à un oedème pulmonaire et... pas de bol, quoi. Pourtant, sans être médium, on peut facilement deviner les vrais tenants et aboutissants d'une telle mort. Mon petit doigt me dit qu'il y avait de la coke et des poppers (entre autres?) dans cette petite fête. Pas besoin d'être Sherlock Holmes. Mais tout a été balayé sous le tapis, comme trop souvent ces dernières années. N'est pas Michael Jackson qui veut...
Pour en revenir à Doherty, les journaux ont décidé de ne plus en parler - même s'il y a fort à parier qu'il n'est pas devenu irréprochable. Un peu plus discret, sans doute, mais clean?... Rien n'est moins sûr. D'autre part, le bébé chamboulé ne se tape plus la Moss alors forcément, les gens en ont marre. Voilà le topo. Non seulement on s'emmerde mais en plus personne ne nous raconte rien. On nous parle du dernier speech de Bono dans l'école maternelle de son quartier, ou du nouveau boyfriend de Paris Hilton. Et pour ne rien arranger, les rockers et popstars d'aujourd'hui se tiennent à carreaux en public et protègent leur image à outrance. Et la punk attitude dans tout ça? Où sont passées les icônes légendaires, les célébrités "bigger than life" qui laissaient parler les gazettes et se foutaient du qu'en dira-t-on? Rendez-nous Jim Morrisson, les Sex Pistols, les Happy Mondays!!!

Evan Dando
Bien sûr, il y a des exceptions, mais elles sont hélas devenues très rares. Si l'on regarde un peu en arrière, on se rend compte que les années 90 étaient bien plus sauvages, imprévisibles, jalonnées de sorties de route fracassantes et (quand elles ne finissaient pas dans le deuil) carrément hilarantes. Avant ses interviews, Evan Dando des Lemonheads tendait aux journalistes une petite pancarte qui disait "je dois vous donner mes réponses par écrit parce que j'ai perdu ma voix en fumant du crack", et à peu près à la même époque Noel Gallagher recevait fièrement un Brit Award devant une nation entière en déclarant: "Prendre des drogues, pour moi, c'est comme prendre une tasse de thé le matin". Ce n'était ni très chic, ni très malin (c'était même lamentable, disons-le franchement) mais ça prouve qu'il existait encore une certaine spontanéité dans la démarche des artistes, et c'était quand même plus rigolo que ces têtes de cul de Kings Of Leon qui avouent du bout des lèvres avoir "bu du vin avant un concert".
Bref, beaucoup d'hypocrisie et trop de poseurs à la con. Tout fout le camp, c'est la crise et les temps sont durs. Pour faire fortune dans le show business, il faut la fermer ces jours-ci. Marketing oblige. Mais vous pouvez être sûrs que dans leurs petites tours d'ivoire nos musiciens préférés continuent, pour la plupart, à s'envoyer en l'air dès qu'ils le peuvent. Tant mieux pour eux, ou dommage pour eux, à vous de juger. En ce qui me concerne, je dirais juste que les dernières générations de groupes et singer-songwriters me paraissent super coincés. Mais alors grave. Dictature du média-marketing? Changement des moeurs? Rock embourgeoisé et manque d'authenticité? Qui sait... Peut-être faut-il le demander à un dinosaure comme Iggy Pop, un papi mille fois plus cool et décomplexé que les blanc-becs muets du nouveau millénaire.
à bon entendeur...
k.