Le 05/12/2011 à 00:02
La série dépeint parfaitement le désespoir, les rancoeurs que Katrina a créés. Au delà du désastre causé par l'ouragan, on se rend compte que le reste de l'Amérique, après avoir soutenu NOLA dans les premières heures du drame, tourne petit à petit le dos à la ville et ses habitants. Les habitants sont fatigués, exaspérés voire hautement énervés par le comportement des assurances et des différentes administrations (allant des administrations locales aux administrations fédérales). Les moyens pour reconstruire tardent, les plans de reconstruction prévoient de modifier certains quartiers pour changer le type de population... Impliquant par là une disparition ou un amoindrissement de la culture de la ville ! Toute cette agitation est parfaitement cristallisée par Cray Bernette, écrivain et professeur des universités. Le personnage nous montre au travers de ses interventions par le biais de Youtube toute la rage que le reste des USA lui inspire. Cependant, rien ne bouge. Son livre n’avance plus, des universités et des écoles ferment. La déprime le gagne. L’acteur atteint son apothéose dans l’avant-dernier épisode. Le personnage est à fleur de peau. On ressent toute sa mélancolie (non pas dans le sens littéraire mais dans le sens psychiatrique) dans sa façon d’apprécier certains de ses gestes du quotidien.
Les autres acteurs ne sont pas en reste. Ils permettent à la série de lui donner sa dimension supplémentaire. Ils subliment le quotidien, qui au lieu de devenir chiant au possible comme dans certaine série ayant un rythme plutôt lent, en devient captivant. Non pas de cliff de la mort qui tue à la fin de chaque épisode façon Breaking Bad, pas d’épisode stand-alone avec résolution d’un crime par épisode façon CSI, pas non plus d’effets spéciaux et d’action à la Lost. Pourtant la série vaut plus que le détour. « Se laisser regarder » serait un euphémisme pour Treme. Chaque épisode appelle le suivant juste parce qu’on souhaite retrouver les attachants habitants de NOLA qui vivent, pleurent, aiment la musique et la culture de leur ville.
J’espère vous avoir donner envie !

Désolé d'avoir décomposé ceci en 2 billets mais je ne pouvais pas valider le billet en 1 bloc !
Le 05/12/2011 à 00:01
It's not TV, it's HBO. Ce slogan du début des années 2000 résume l'état d'esprit de la chaîne US. Oui, HBO est, n'ayons pas peur d'utiliser des mots forts, mondialement connue et reconnue surtout pour la qualité de ses séries. The Sopranos, Six Feet Under, In Treatment, Band of Brothers.... Pas besoin de rajouter de l'huile sur le feu. Des séries aux thèmes variés mais où la constante a été la qualité du scénario et de la réalisation.
Treme ne déroge pas à cette règle. Plus qu'un drama, Treme tourne autour de la musique. Il ne s'agit peut-être pas du thème principal, façon comédie musicale où une histoire tourne autour de chansons écrites ou reprises pour le film (et dont la qualité laisse bien souvent à désirer). Il s’agit plutôt de suivre le quotidien de nombreux habitants dont la musique est un élément fondamental du quotidien. HBO invente le "drama musical".

Treme nous entraîne dans le quotidien de différents habitants de la Nouvelle-Orléans (NOLA). L'âpreté des conditions de vie pour certains, la perte d'êtres chers, les difficultés pour reconstruire, se faire rembourser, voire les difficultés pour vivre au quotidien.
Jusque là rien qui ne ressorte du lot donc. Pourtant, la magie opère lorsque le quotidien des personnages se mêle à la culture de NOLA. N'étant pas un grand spécialiste, j'ai découvert une partie de celle-ci à travers la série et je ne peux donc clairement pas garantir la véracité de celle-ci. Ou s'il n'y a pas une quelconque exagération. La série nous fait ressentir que la musique est prépondérante dans cette ville des USA, plus particulièrement le Jazz même si on retrouve du blues, de la soul, du bounce, etc. John Boutté ouvre merveilleusement les épisodes avec Treme song, générique de la série et hymne à ce quartier de NOLA.
De nombreux artistes de Jazz sont présents dans la série. Ce qui tend à lui donner une crédibilité musicale. Je ne sais pas si les acteurs principaux sont également musiciens ou si les scènes de concerts sont jouées en playback (et dans ce cas là très bien réalisées et montées). L'important n'est pas là mais dans le fait que ces personnes vivent pour et par la musique. Comme de vrais amoureux (comme de vrais visualiens je devrais même dire). Il y a également tout ce qui entoure la musique avec la tenue de festivals, du carnaval pour « Mardi Gras ». On y retrouve aussi des amoureux de la gastronomie avec le restaurant de Janette dont le restaurant est tout juste maintenu à flot grâce à ses talents de chef et le soutien de son plus proche employé de cuisine Jacques (au nom très français et qui lâchera plusieurs mots voire bouts de phrases dans la langue de molière).
Le 06/11/2010 à 17:38
Mon cher Serj (non pas toi, ô fumeur de havane),
Je prends la plume pour t'écrire ses quelques mots sur ton nouvel album. J'ai apprécié tes débuts, ô combien rageurs, fous dont ta voix donnait une note inédite au premier album éponyme de System of a down. La suite se révéla très intéressante et de qualité mais légèrement différente. Puis la scission arriva, chacun voulant son indépendance. Ton premier album se révéla intéressant avec un nombre conséquents de morceaux accrocheurs, rageurs et engagés (car tu aimes t'engager dans de nombreuses causes : tu étais contre la guerre en Irak, contre certaines décisions du gouvernement de Mr Bush, etc.). Un style SOADien se dégageait encore clairement de cet album, et ce n'était pas pour me déplaire
Que te reste t-il maintenant que Mrs Bush et consorts sont hors de la maison blanche, que les troupes US se retirent d'Irak ? Pas grand chose il faut croire. Et ceci s'en ressent dans ton album. Oui, Serj, j'ai été déçu... j'oserais même te dire vexé de voir ton talent vocal utilisé sans imagination. Passée la surprise de l'ouverture de l'album par Disowned Inc., les différentes chansons de ton album se ressemblent toutes : finies les guitares saturées, la batterie folle, la basse lourde, bienvenues aux différents instruments d'orchestre. Mais voilà, la recette est tout le temps la même et franchement peu réussie. Les baisses de rythme et de volume avant les envolées vocales ET musicales sont légion et ne provoquent pas de surprise ou d'émotion (car elles sont présentes sur quasiment toutes les pistes). Je retiendrai Deserving ? qui a quelques réminiscences de ton ancien groupe ainsi que Left of Center. Mais deux chansons sur un album ça fait seulement un single.
Pour conclure, mon cher Serj, je ne t'en veux de nous avoir sorti un album moyen. Cela arrive à tout le monde. J'espère simplement que tu en as gardé sous le coude pour un possible album de SOAD, si reformation il y avait.
Votre dévoué auditeur.
Nidri.
Le 18/10/2010 à 16:30

Certaines musiques se rapprochent d'une composition chimique, on y met divers ingrédients à différentes doses et on observe le résultat, bon ou mauvais. Ce nouvel album de Belle & Sebastian correspond parfaitement à cette métaphore et le résultat est bon, chimiquement pur après quelques distillations du produit.
Malgré une pop légère, presque éthérée, celle-ci reste chaude et contraste avec le froid frappant brusquement dans la France. Les ajouts à faible dose d'électro tout au long de l'album, voire d'électro Japonisante comme sur Come on Sister, aide à la diffusion de cette impression. Le mélange de base s'homogénéise mais la réaction reste incomplète.
Une pincée métallique a été ajoutée au produit catalysant ainsi la réaction pour que l'enchantement soit total. Les mélodies imparables (telles que I Want the World To Stop, I Can See The Future et la chanson éponyme Write About Love) captent notre oreille, les textes charment et on se retrouve vite dans la béatitude, le cerveau baigné d'endorphines.
Belle & Sebastian continue à faire du Belle & Sebastian, et c'est tant mieux. La chimie continue d'opérer à chaque nouvel album.
Note : 4/5
Le 18/09/2010 à 12:02
Feed to Feed a été édité pour fêter les dix ans d’existence d’Oceansize. Pour parler de Feed to Feed, il faut donc revenir aux débuts d’Oceansize.

Formé à la fin des années 90 à l’université, le groupe se compose alors de Mike Vennart (chant, guitare), Steve Durose (guitare, accompagnement vocal), Richard "Gambler" Ingram (guitare, clavier), Mark Heron (batterie) et Jon Ellis (basse). Le quintet mancunien mit alors plusieurs années à trouver leur son, leur style. Il leur a fallu 5 ans de travail et trois EPs pour nous sortir un premier LP magnifique : Effloresce, en 2003.

Cet album clairement ancré dans le rock progressif a été très bien accueilli par les critiques mais également par les auditeurs. Un album de qualité, où les clichés du progressif sont évités et où Oceansize nous délivre une musique vibrante.
Deux ans plus tard, le groupe frappe à nouveau avec l’excellent Everyone Into Position.

Leur musique est clairement recherchée sans devenir prétentieuse. Elle marque les esprits, sillone dans notre cerveau. Les mélodies sont toujours aussi efficaces : harmonieuses, belles et puissantes. Le groupe marque clairement de sa patte le monde du post-rock. Cet album est pour moi le plus abouti du groupe (bien que les deux autres soient de très hautes volées et que certains groupes aimeraient que leur plus mauvais album ressemble à un Effloresce ou Frames... mais il ne faut pas rêver, ceci n'est pas à la portée de tout le monde) car il montre tout le potentiel du groupe : la main en fer dans le gant de velours. Leur musique nous effleure avec volupté mais nous délivre une énergie incroyable.
Peu de temps après la sortie de leur deuxième album, le groupe annonce le départ de leur bassiste. Il sera remplacé peu de temps après par Steve Hodson. Un départ qui ne se sent clairement pas dans la musique d’Oceansize puisque leur troisième LP, Frames, sorti en 2007 est également un excellent album. Le groupe sait renouveler ses chansons tout en gardant un son propre à eux. Cet album est le plus sombre du groupe avec des compositions plus lourdes mais toujours efficaces et étonnantes.

C’est ainsi que nous arrivons en 2009. Les mancuniens décident alors de jouer l’intégralité de leurs trois albums dans une petite salle de Manchester, le Roadhouse. Le 16, 17 et 18 Octobre plus précisément. Trois soirs pour trois albums (avec pour les rappels, quelques b-sides correspondant à chaque période du groupe) pour trois concerts irréprochables.

Je ne vous détaillerai pas ici chaque concert. Mais de tout ceci, se dégage une impression d’honnêteté et d’amour de la musique. Les membres du groupes vivent leur musique (ils transpirent leur post-rock même) et la jouent parce qu’ils y croient. Le show est très bien maîtrisé. Les albums sont joués dans leur intégralité avec peu ou pas de modifications ; ce qui montre la maîtrise du groupe (pas de surproduction rendant les morceaux quasiment injouables sur scène à moins d’ajouter une bande son en fond ou encore de modifier le morceau). Les musiciens sont peu communicatifs par les mots mais donnent tout ce qu’ils ont sur leurs instruments. Le groupe se communique par des regards pendant les chansons et montre une excellente synchronisation (un seul couac que j’aborderai un peu plus bas).

Vennart est bien mis en avant. Le frontman du groupe a un chant très proche des albums. Ses variations de tons sont excellentes et bien maîtrisées. Son jeu de guitare est très bon également. Durose m’impressionne par sa technicité à la guitare et sa rapidité d’exécution sur quelques morceaux. Ingram et Hodson sont un peu plus en retrait (au sens propre. La scène est petite voire même minimaliste et ils se trouvent un peu catapultés sur un côté de la scène pour laisser les deux vocalistes du groupe proche du public. Cependant, leurs différents sets sont impeccables. Le batteur se donne sur l’ensemble des trois concerts en alternant douceur et force dans sa « cogne ».

On a droit à un petit moment d’humour quand sur une des chansons (A Homage to a Shame ou Meredith je ne me rappelle plus) de Everyone Into Position, la musique démarre sans que la majorité des membres du groupe soit prête. Vennart fait alors signe au public de ne pas crier. Il annonce alors que ceci sera coupé au montage en rigolant. Le groupe reprend et Vennart harangue le public qui s’électrise à nouveau.
Le coffret à proprement parler de Feed to Feed est un joyau dans son écrin. Trois DVDs, un pour chaque soirée agrémentés de quatre CDs : trois correspondants aux trois albums du groupes (mais en live pour ceux qui ne suivent pas) et un CD regroupant toutes les b-sides jouées en tant que rappel.

Espérons une longue carrière (dix ans de plus minimum) pour ce groupe qui nous délivre une musique enivrante, puissante et sincère.
À bientôt pour la chronique de leur dernier album : Self preserved while the boadies float up (atchoum !).
Le 02/09/2010 à 19:04
Dernier jour de Rock en seine édition 2010, première édition à laquelle je participe. La tête encore remplie d’images (et de sons) des QOTSA sur scène. De la pluie est prévue, c’est pourquoi, un parapluie couvre nos arrières. Au final, ce parapluie n’aura servi à rien sinon nous gêner toute la journée.
Arrivés sur place, je constate que mon téléphone me signale qu’un certain TGC m’a envoyé un SMS. Meeting point au niveau d’un bar HK pas trop chiant à trouver : celui entre un vendeur de « Galettes – Saucisses » et un poste de secours. Pour avoir goûter à ces « fameuses » galettes fourrées d’une saucisse dite de Toulouse ; ils ont bien fait de le placer près d’un centre de secours. Une commande de bière et une demie pinte engloutie plus tard, c’est avec plaisir que je retrouve un des acteurs majeurs de mon webzine préféré. Je constate que le bougre se matérialise quelques secondes uniquement pour engloutir des bières.
Direction la grande scène pour apprécier Eels. Je suis assez enthousiasme de la prestation du barbu (on était plusieurs pour le contest et je dois avouer qu’on faisait pas un pli !). Le set est solide et oscille entre rock’n’roll et folk. On sent le public peu connaisseur et certains s’en vont très vite (quels cons ! Mais ça fera plus de place). Je suis un peu déçu de ne pas avoir mon Bus stop boxer mais le plaisir était là.
La fatigue prend peu à peu le pas. Le troisième jour de festival est dur à encaisser surtout avec le lundi et la semaine de boulot à venir. Déambuler est le verbe correspondant le mieux à la fin de ce dimanche. On a jeté une oreille par-ci par-là mais rien ne nous transcendait. Les Ting Tings, groupe frais mais surcôté (déclaré trop vite archi-hype, cool et tous les adjectifs anglais qui vont avec), ne me font pas frémir. C’est bien mais sans plus. Ça bande mou… Rien ne nul, rien de transcendant ; uniquement de la frustration.
Après cela, un rapide breefing avec mon camarade et la fatigue aidant, on décide de déguerpir du festival… Tant pis pour les Arcade Fire. Pourtant, les canadiens sont sympas (au sens large) ! Au final la décision s’avère judicieuse. À peine arrivée, une pluie diluvienne apparaît. Une petite pensée pour tout ceux qui sont au festival.
Alors au final, pour un premier festival, je suis heureux d’avoir pris la décision d’y aller malgré le coût du pass pour trois jours. La programmation m’a plu dans l’ensemble. Foals, BRMC, Two Door Cinema Club, Queens of the Stone Age et Eels ont été d’excellents sets. Les Band of Horses (décidément, les groupes équestres se multiplient ces dernières années) ont été une excellent surprise. Plan B aura été sympa alors que Blink-182 aura chauffé le chaud et le froid sur mes émotions. Ils ont pu ravivé la flammes adolescentes, la connerie de la jeunesse mais le début totalement foireux du set accompagné d’un problème de son aura gâché en partie la soirée. Le festival m’aura permis de combler ce qui commençait à devenir un fantasme (les Queens), le désir de voir la musique intimiste mais pleine de vie de Foals, d’apprécier Eels en live mais également de jeter une oreille à pas mal de groupes que je n’aurais jamais découvert autrement.
Si je suis riche et que la programmation me plait, je me referais surement un festival l’été prochain. Merci de m’avoir lu jusqu’au bout (vous pouvez également vous servir de ce blog comme somnifère. En plus, c’est sans risque, il ne créé pas de dépendance).
Le 29/08/2010 à 11:45
La deuxième journée de ReS est arrivée plus vite que je ne le pensais. Debout pas trop tôt : 10h. Le temps de sortir du brouillard, il était 11h. Une petite douche et un repas plus tard, on se pose un peu avant de reprendre direction de Saint-Cloud.
Dès le début d'après-midi, une seule pensée m'habite pour la journée : QOTSA ! Oui, la programmation du jour me parle peu (même si je jetterai un oreille à pas mal de groupes). Malgré une arrivée sur les coups de 15h, on a décidé de prendre notre temps. On traîne nos guêtres un peu partout pour voir les stands qu'il y a côté. On décide d'aller voir Plan B (apparemment c'est pas mal en live on nous souffle). Vendu. On va donc assister au show qui commence avec un homme bitbox. Et le type est balèze. Pléiade d'effets sonores, de rythmes combinés parfois à du chant. Grosse perf quand arrive les mecs de Plan B. Tout le monde est bien sapé (costards) et possède de beaux instruments. Un set vraiment pas mal mais je me demande si l'album donne autant niveau énergie que le live. Le public est mixte pour ce groupe. Plan B fini, on se décide d'aller écouter Stereophonics.
Sur le chemin, arrêt au stand Monsters qui offre les boissons. Je goûte rapidos : c'est trop sucré, ça me rappelle le goût d'un médicament. Un sirop plus précisément mais je ne sais plus lequel. Bref, je file ma boisson à mon pote. À côté, le stand Kinect, le nouveau gadget à rajouter à sa console (la xBox 360). Il s'agit d'une caméra captant les mouvements et la vitesse d'exécution de ceux-ci. On se fait donc alpaguer par un des gars du stand. Je lui dis que la danse me dit rien mais il trouve l'astuce : ils font essayer un jeu d'aventure dans un préfabriqué à côté. Je lui promets qu'on repasse après avoir jeté une grosse oreille à Stereophonics. Leur set est pas mal sans être transcendant non plus. Ca sonne bien, c'est propre. Un peu avant la fin, on part au Kinect (con promis, chose due). En attendant, on profite du set de Two Door Cinema Club. Puis vient notre tour. Un bon moment de rigolade. En tant que retraité du jeu vidéo, je me dois de faire une bonne perf. On chie quelques pièces (il fallait les attraper) parce que mon pote sautille pour se déplacer latéralement. Le Kinect capte ce petit saut et le retranscrit dans le jeu. On finit médaille d'argent au bout de la seule tentative autorisée (une queue monstrueuse se profile devant le préfabriqué).
Après le Kinect et Two Door Cinema Club, deux choix s'offrent à nous : Jonsi (que je connais quasiment pas) ou se placer déjà pour les Queens of the Stone Age. Le choix n'en est pas un. On fonce vers la grande scène et j'arrive à me placer à 1 petit mètre de la barrière (cette unité de mesure se trouvera modifier dès le début du concert ; ça doit être ça qu'on appelle la relativité). L'attente est longue et l'excitation grandissante : première fois que je vais assister au concert de mon groupe favori. Le groupe arrive sur scène. Les Queens ont bien fait de leur nouvelle tournée, une priorité de rejouer des morceaux de Rated R puisque le set début par un Feel Good Hit of The Summer (prédit par moi-même). La fosse se met à bouger dans tous les sens dès les premières notes et je m'aperçois que la foule est vraiment là pour eux. Tout le monde connait l'ensemble des morceaux joués, les refrains sont repris en coeur par le public. Puis, viennent, The lost art of keeping a secret, Monsters in the Parasol, 3s&7s, Misfit love, Burn the witch, Long slow goodbye, Little sister, I think i lost my headache (un de mes morceaux préférés), Go with the flow (oh yeah !), No one knows (je regrette durant ce morceau l'absence du solo présent dans leur album live Over the years and through the woods) et pour finir du très très lourd avec Song for the dead. Le concert se finit, j'ai les oreilles qui bourdonnent mais des yeux de gamin et le cerveau dans une soupe d'endorphine. Je viens de prendre mon pied pendant tout le set, le groupe a assuré (c'est le minimum pour eux). On a eu le droit à quelques mots du père Homme (pas mal en français) : il nous remercie d'être là. Puis vient un petit discours (en anglais cette fois) où il nous annonce que tout compte dans la vie, rien n'est banal alors ce soir il faut que eux comme nous on fasse tout pour que ça reste graver dans notre mémoire (bon j'avoue que vu leur nombre de sets depuis le début du groupe, ce concert ne restera pas forcément graver dans leur mémoire mais dans la mienne oui). Comme d'habitude, le père Homme se tire quelques lattes sur scène et tombe sa binouze cul sec. En bref, un sacré set où derrière ses fûts, Joey Castillo nous montre sa puissance de frappe. Troy reste très devant pendant tout le set. Les deux autres membres pour le concert ne me disent rien (il ne me semble pas qu'il y avait Alain Johannes où je ne l'ai pas reconnu).
Pause repas puis on tente d'aller jeter une oreille à Massive Attack. Cependant, il s'avère vite que ce n'est pas ma tasse de thé. Rien ne m'emballe, trop électro à mon goût. On décide donc de se rentrer car la fatigue se fait sentir (et on a 45 minutes de route pour rentrer).
Déjà le dernier jour demain !
Le 28/08/2010 à 10:42
Les évènements prennent leurs racines J-1 avant le lancement de Rock en Seine. Redoutée telle la peste sur les navires, la gastro-entérite proliféra chez le duo de festivaliers que nous constituons mon ami et moi. Inquiétude grandissante mais la chimie est là pour nous sauver : embarquement prévu avec Imodium, Spasfon et Doliprane.
Armés de médicaments, eau et tout un barda, je débarque à 14h50 sur le domaine national de Saint Cloud (après un tour le matin à la Défense où un magasin Build-A-Bear se trouve). Je débarque seul puisque certains travaillent (ha ha ha cruel destin). Premiers repérages assez faciles, j’arrive sur la scène de l’industrie et la scène de la cascade. Je verrais ultérieurement que c’est cette dernière scène qui m’a apporté le plus de satisfaction de la journée. C’est également par cette scène que ma journée commence : Minus The Bear s’y produit à partir de 15h (pour un set d’environ 40-45 minutes, temps donné aux différents groupes des scènes de l’industrie et de la cascade). Je ne suis pas familier de ce groupe mais c’est pas mal pour démarrer la journée. Ca bouge assez, le groupe est sympa. Le leader se désaltère à grandes gorgées de binouze (un classique). Puis, je vais m’intéresser à All Time Low sur la grande scène… Petite déception de la journée. Certes, j’arrive vers les deux tiers du set mais je pense m’être fait une assez bonne idée du groupe : un public en folie pour un groupe somme toute banal. Un set assez propre mais trop tirer par les cheveux avec les deux guitaristes qui nous répètent qu’ils veulent tirer un coup toutes les deux minutes, veulent voir des poitrines nues (chose quasi-obtenue : un soutien-gorge que je qualifierai de panier garni apparaît sur l’écran géant) et nous montrer qu’ils boivent de l’alcool (soit un gorgée de vin rouge pour « faire classe » dixit le chanteur et une gorgée de bière pour l’autre guitariste). Bref, trop d’à côtés ridicules pour se donner un style je trouve.
La journée se poursuit et je twitte pendant et entre les sets (oui quand on est tout seul, on fait son geek). La surprise est de taille quand je vois écrit qu’il suffit de gueuler « J’aime le sexe des ours » pour gagner 10 bières….. Visual sait séduire son lectorat. Bref, je me pointe près du stand HK et je gueule pour rigoler : « I Love Sex With Bear » (Tiens ça ferait un bon nom de groupe). À part le regard ahuri de plusieurs personnes, les bières n’arrive pas ! Qu’à cela ne tienne, je vais me l’offrir moi-même ma bière. Je constate que les verres sont consignés ici aussi (comme dans les férias depuis cette année ! Les temps changent !). Puis, je me rapproche à nouveau de la scène de la cascade pour écouter Band of Horses. Première très bonne surprise de la journée. J’ai totalement apprécié la prestation scénique du groupe et leur rock maîtrisé. Je pense que je me plongerais dans leurs albums. Lors de concert, je me demande si tous les groupes anglophones ne se sont pas passés le mot : « You’re fuckin’ awesome ». C’est très aimable de leur part mais balancer par quasiment tous les groupes toutes les deux chansons, c’est presque chiant de l’entendre. Le concert se finit et le premier accroc de la journée apparaît : plus de batterie sur le téléphone et mon pote n’a toujours pas fini le boulot… Qu’importe on verra plus tard. Sans bouger de ma place, j’entends les King of Conspiracy sur la scène de l’industrie. Ces petits frenchies me font clairement penser à Sna-Fu : de l’énergie, un rock saturé mais en couleur. J’ai envie de m’approcher mais pour avoir une chance d’être bien placé pour Foals, je campe où je suis. Et, je ne regrette pas ce choix.
La masse se précipite 30 minutes avant pour voir les britanniques se produire. Je dois avouer que ce concert, bien que court, reste une claque. Foals ne fait pas dans l’outrance. Pas de tenues à la mode. Je remarque simplement un tee-shirt Nirvana porté par Yannis (la classe !). On ressent une sorte de retenue, de timidité presque du groupe face au public lorsqu’il les remercie au micro (et ils n’essaient pas de parler en français). Mais cette timidité n’empêche pas le groupe de vivre sa musique et de se donner au public. Le groupe débute par Total Life Forever. Oui avec eux, on veut mener une vie totale. Le groupe sait parfaitement faire monter la pression et électriser la foule. Les tubes s’enchainent (comme au PMU, je la joue dans le désordre et il en manque mais le titre m’échappe) : Cassius, Miami, Spanish Sahara, Blue Blood, This Orient, The French Open, etc. Le batteur est excellent et frappe bien, le deuxième guitariste et le bassiste font du gros boulot. Le groupe motive la foule et il en suffit de peu pour que celle-ci suive. Ceci a donné un set impressionnant de maîtrise. Le leader, Yannis, est monté crescendo durant tout le concert pour finir en apothéose sur les derniers morceaux. On a eu le droit à un « You’re fuckin’ awesome » mais quand celui ci arrive à la fin du set et lorsque le public est en feu et remue de partout, je me dis que celui-ci est vrai. Peut être que j’attendais tellement ce groupe que je n’ai aucune objectivité mais j’ai l’impression d’avoir vu le moment le plus vrai, sincère jusque-là.
Foals terminé, je commence à me demander comment retrouver mon comparse. Le miracle de la vie fait que lui me voit. Les retrouvailles ont lieu. On papote tout en se rapprochant de la grande scène. Les Skunk Anansie donne un set. Bien que totalement non familier du groupe, j’accroche au charisme de la chanteuse qui se donne à fond et à un timbre de voix que j’apprécie. Elle se permet même un petit slam sur la foule. Le concert fini, notre estomac nous rappelle sa nécessité d’être rempli par quelques préparations alimentaires. Puis, repu de nos kebab… Non, on ne peut pas être repu dans les concerts ou festivals : le sandwich est petit et cher ! On va écouter les Kooks sur la scène de la cascade. J’aime bien le set mais sans plus, difficile de passer après Foals dans mon cœur. Après ce concert, on blague sur place en attendant les BRMC. La petite surprise vient du fait que le guitariste et le bassiste viennent sur scène pour accorder eux-mêmes les instruments et régler le son (la batteuse, je ne me rappelle plus). Leur set commencera à 21h précise et comme je le pariais, il débutait par Beat the devil’s tatoo ! Un très bon début pour remuer la foule. Les BRMC ne montent pas sur leur gros cube, ils enchainent les tubes et communiquent peu mais on ne peut pas leur en vouloir… Ils sont présents malgré la disparition du père du bassiste du groupe, leader de The Call, Michael Been. Un morceau dédicacé pour son père est annoncé en fin de set. Le groupe nous a sorti un très bon set. La batteuse cognait fort et les deux autres se sont bien donnés.
BRMC fini, la foule se dirige vers la grande scène. Deux pensées m’habitent : la joie d’écouter en live Blink-182, musique de ma jeunesse rappelant également American Pie et la peur, l’angoisse du bide total en me remémorant leur pitoyable prestation sur je ne sais plus quel plateau. Et je dois dire que le début du set donnait raison à l’angoisse. La suite se révéla de bien meilleure qualité. De toute façon, je dois avouer que mon angoisse était surtout liée à la prestation de Tom Delonge. Parce que Travis a assuré comme une bête. Mention spéciale à son solo durant lequel la batterie clouée au sol et lui même harnaché ont chaviré dans tous les sens. Mark a assuré à la basse et assez bien au chant, restant proche du son des albums. Le problème venait clairement de Tom bien que celui-ci a repris des cours de chant et de guitare. Seuls les cours de clown ne sont pas nécessaires parce qu’il a débité un lot de conneries assez conséquent. Autant sur certaines chansons (surtout leur dernier album en date), la voix suivait assez bien autant parfois, ça chiait carrément dans la soupe. Un problème de son était aussi à noter avec une balance entre le mur de baffles de droite et de gauche. Un show plutôt pas mal car il ravivait certains souvenirs mais dans l’ensemble médiocre (11/20, c’est plus que la moyenne mais sans être transcendant). Bref, après ce concert, retour au bercail et dodo en attendant le deuxième jour.
Le 24/08/2010 à 17:04
Je tiens tout d’abord à remercier le label dirty8 de m’avoir permis de gagner (grâce au jeu concours sur VM) le dernier album des Housebound. Winter Blow, galette gagnée de façon injuste et illégale (tous les moyens sont permis) par votre mal-aimé serviteur m’a permis de découvrir ce groupe. Cet album se trouve être le premier d’un diptyque dont la seconde galette devrait sortir à l’hiver 2011 et s’appellera Summer Swing.

Comme à chaque saison, on a le droit à la TV à la présentation « décalée » des collections vestimentaires à venir. Cet album ne fait pas exception mais on est sauvé par l’absence de « modèles de beauté actuels anorexiques ». Ici, le qualificatif serait plutôt gras pour le son.
Au cœur même de l’été résonne l’hiver. Mais pas par sa froideur. On nous sert plutôt un brasier en guise de cheminée. Chez les mecs d’Housebound on n’allume surement pas le bois de la cheminée par des méthodes ancestrales ! Pour imager l’album, c’est comme si vous vidiez un gros bidon d’alcool à brûler sur du bois sec et que vous jetiez une allumette : Housebound ça t’explose dans les tympans de façon soudaine. Pas d’entrée légère pour alourdir progressivement le son, pas de fioritures. L’énergie ne manque pas dans ce groupe ça se ressent. Les riffs sont accrocheurs. Avec eux, pas le temps de tourner en rond, l’album (court ce qui est un point positif car je suis de ceux qui apprécient le son lourd de façon ponctuelle) défile. Les pistes et l’album se terminent comme ils ont commencé : de façon nette et précise. Au final, l’album est bien maîtrisé, les pistes accrocheuses.
Bref, à voir sur la longueur mais rien de tel qu’un petit vent d’hiver pour se réchauffer les idées !
Le 19/08/2010 à 22:41
Oui, de part ce titre, je copie honteusement et ouvertement TheBear. J'assume. Bref, j'ai envie de parler de bouquins qui m'ont marquer et que j'ai adoré lire pour X (non je parle pas de bouquins pseudo-érotico-coquino-malsains) ou Y raisons.

Le premier par lequel je souhaite commencer est le premier roman de Mitch Albom. Mais déjà le terme roman perd son sens ici-même... Ce livre est une quasi oeuvre autobiographique, très orientée vers la philosophie par une vraie invitation à la réflexion sur le sens de la vie, sur le chemin que l'on souhaite prendre.
Comme on le découvre dans ce livre, Mitch Albom s'intéressait à la littérature, à la sociologie mais a fini journaliste sportif..... Et il s'est habitué à son mode de vie, arrivant à se convaincre que c'était très bien comme une vie : un bon salaire, un boulot sympa.... Un soir à la télé, il découvre dans un Talk Show que l'invité n'est autre que son ancien prof à la fac de sociologie : Morrie Schwartz. Ce dernier se trouve atteint d'une pathologie incurable : la SLA (Sclérose Latérale Amyotrophique). Celle-ci d'évolution lente "permet" aux malades de constater jour après jour la décomposition de ce qu'il a été (physiquement parlant, cette pathologie ne créé aucune démence). Albom décide alors de reprendre contact son professeur d'autrefois. Assez rapidement, les deux larons s'entendent sur un jour fixe comme jour de rendez-vous.Tous les mardis plus précisément (d'où le titre en VO : Tuesdays with Morrie). Un véritable lien se noue entre les deux. Et plus ce lien est fort plus la fin est inéluctable. Pourtant, on aurait tous souhaité connaitre Morrie, je vous l'assure. Une personne qui aime la vie, qui sait savourer ce qu'il a mais qui sait aussi ce qu'il veut. Un Homme avec un grand H. Et celui-ci ravivera chez Albom la passion qui doit nous nourrir tous pour continuer à nous battre contre ce quotidien pourri.
Au final, oui on est dans le mélodrame.... mais ce qui ne le rend pas ridicule et qui, au contraire, le sublime c'est qu'il s'agisse d'une chose on ne peut plus vraie. Je me suis surpris à aimer l'esprit de ce "jeune vieillard malade" et à appréhender le moment où la maladie sera plus forte. De plus, malgré cette fin inéluctable, ce livre peut apporter de vrais moments de joie ou de rire grâce à la bonne humeur de Morrie et à certaines de ses blagues. Un esprit bien aiguisé. Et au final, c'est Morrie qui a sauvé Mitch Albom de sa carrière toute tracée dans le journalisme pour le relancer dans la vraie écriture (oui, ne venez pas me dire qu'un journaliste n'est autre chose qu'une personne ayant essayé d'être écrivain mais qui n'a aucun talent.....).
À conseiller :-) Ceux qui l'ont lu j'attends vos avis !